Humans of Chamonix in Berlin

Tu rentrais de ton travail, fatiguée. Il était 18h. Dans le bus, tu t’es assise, lasse et rêveuse de ta journée. Tu pensais au repas qu’il fallait encore préparer aux onze personnes que tu abritais sous ton toit, dans ta maison de bois. A cette heure-là, le bus était bondé. Un homme blanc s’est approché et t’a ordonné de te lever pour lui céder la place. Et tu n’as pas cédé. C’était en 1955, à Montgomery, en Alabama. Tu as dit que les Noirs avaient autant de droits que les Blancs. Tu as relevé la tête et parlé pour tout ceux qui en esclavage, dans les usines, dans les champs, ont été exploités.
Après ta mort en 2005, ta maison de bois est restée à l’abandon à Detroit. Vide et ouverte à tous les vents. Il y a quelques mois, elle a été mise en vente par la municipalité pour 500 dollars.
Tes descendants ont eu pour héritage ta lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, mais ils ne sont pas sortis pour autant de la pauvreté.
L’Amérique de Trump n’a vu aucun intérêt à sauver ta maison et la classer comme patrimoine culturel du pays.
Alors, un de tes compatriotes artiste, exilé à Berlin a décidé de la racheter et de la ramener dans un pays, dans lequel le devoir de mémoire est inscrit dans la vie quotidienne de chacun et l’inconscient collectif
Il l’a rebâtie dans son jardin, l’a ouverte aux gens qui ne veulent pas que se perde le souvenir des gens courageux et humanistes comme toi.
Ta maison, Rosa Parks, elle trône maintenant dans Berlin réunifié.